25-30 ans, que faire de son épargne ? 2019-01-18T15:30:41+00:00

Project Description

25 ans, un quart de siècle. C’est la fin du Livret Jeune à 2 % et pour certains c’est la fin des études supérieures. Cette fin indique le début d’une nouvelle ère, celle de l’entrée dans la vie active : recherche d’un premier emploi, passage d’entretiens, découverte de l’environnement professionnel et les premiers salaires sont autant de nouvelles étapes que nous avons tous connus ou que nous allons connaître. Qui dit premiers salaires sous-entend premières économies, mais “que faire de ces premières économies ?”

A 25 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, les stratégies (augmenter son patrimoine, baisser ses impôts, avoir un complément de revenue en prévision de la retraite…) sont différentes car les postes, les salaires et les besoins sont différents. Nous allons voir ici quelques conseils et stratégies simples à adopter pour tout jeune actif voulant faire fructifier son épargne. Le but ici est de vous présenter les produits standards d’investissements.

Il ne faut pas oublier que la diversification est LA règle principale à suivre dans tout investissement, et c’est l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) qui le dit. Produits, entreprises, secteurs, zones géographiques, il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

Faire fructifier son patrimoine réclame du travail, prend du temps et demande de la patience. Le but ici n’est pas de vous dire d’ouvrir un compte dans telle banque, d’acheter dans telle ville, d’investir dans telles actions ou tels fonds. Il est important de faire des recherches par soi-même, d’apprendre, de faire des choix et de prendre ses propres décisions. Comme le dit Maïmonide : “Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie”.

Afin de commencer à épargner, 10% de votre salaire mensuel peut être la solution la plus conseillée mais il vous incombe de faire plus ou moins selon vos revenus et votre mode de vie. De plus, investissez uniquement de l’argent dont vous n’avez pas besoin à court terme.

Gestion de son compte-courant

Il faut se le dire, laisser ses économies sur son compte courant n’est pas la solution. Celui-ci ne rapporte rien. Le premier conseil est donc de laisser sur son compte courant seulement de quoi vivre (et profiter !) pendant le mois. Tout le reste peut être utilisé à meilleur escient.

De plus avec l’émergence de la banque en ligne qui propose des offres sans frais de tenue de compte, il paraît indispensable de changer de banque et de quitter sa banque traditionnelle afin de ne plus payer ces frais qui peuvent atteindre jusqu’à 230€ en moyenne par an. A l’ouverture, une prime de bienvenue est offerte dans la majorité des cas. Pour ceux qui hésitent encore, il faut rappeler que toutes sont des filiales de grands réseaux bancaires, qu’elles proposent les mêmes services que votre banque traditionnelle et que vous bénéficiez des mêmes garanties en cas de faillite.

Livret A/LDD ou l’épargne de précaution

Dans chaque début de carrière professionnelle, il est possible que nos premiers choix ne soient pas les bons. Pas la bonne entreprise, pas le bon poste, pas la bonne région, pas le bon pays. Afin de se prémunir contre de telles déconvenues, il est important d’avoir un petit matelas de côté afin de voir venir si besoin, et de l’utiliser seulement en cas de besoin. Pour cela une règle simple existe : mettre de côté soit sur son Livret A (plafond : 22 950€), soit sur son LDDS, ex-LDD (plafond : 12 000€). Ces livrets sont limités à 1 par personne.

Donc si ce n’est pas déjà fait, le deuxième conseil est donc d’ouvrir un de ces 2 livrets d’épargne réglementés. Les 2 proposent un taux net de 0,75%, les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ils sont simples à ouvrir et très flexibles.

C’est à dire que les fonds restent disponibles à tout moment. Vous l’aurez compris, le premier objectif est donc de remplir ce livret avec 4 à 6 mois de salaire. Si tout va bien, cette réserve n’est pas touchée et peut même servir à investir sur de nouveaux supports ou tout simplement profiter. Enfin, avec ces 2 livrets le capital est toujours garanti par l’Etat.

L’Assurance Vie ou l’investissement à long terme

En même temps que l’ouverture d’un livret réglementé, profitez-en pour ouvrir au plus tôt une assurance vie. Le but ici n’est pas d’investir mais de “prendre date”. En effet les retraits opérés sur une assurance vie bénéficient d’une fiscalité très favorable à partir de 8 ans de possession. 8 ans, cela laisse le temps de remplir notre assurance vie.

Lors de l’ouverture, il y a le choix entre investir en fonds en euros (pas de risque de perte de capital mais peu d’intérêts), investir en UC, unité de compte (risque de perte en capital mais intérêts plus élevés) et les fonds Euro-croissance (garantie en capital, qui peut être totale ou seulement partielle, et qui ne s’applique qu’au terme d’une durée de détention). Les choix des différents fonds euros, UC ou Euro-croissance dépendent de la banque dans laquelle vous allez ouvrir votre assurance vie et les arbitrages initiaux se font avec son banquier ou sa banque en ligne. Afin de choisir son produit, regardez bien les frais d’entrée et les frais de gestion. Un contrat avec un taux de rémunération élevé mais des frais importants peut rapporter moins qu’un contrat avec une rémunération plus faible mais des frais moins élevés. Afin de vous aider dans ce choix, il existe des comparateurs en ligne qui permettent de vérifier les frais d’entrée, de sortie ainsi que les performances des fonds.

De plus, demander toujours le code ISIN, qui est le numéro d’identité du produit choisi. Il vous permettra via l’AMF ou Boursorama, de trouver toutes les informations nécessaires pour faire votre choix via le prospectus ou le DICI (stratégie d’un investissement, entreprises sélectionnées, zones géographiques choisies, performances passées). Comme dit au début, le but est juste de prendre acte, et quelques dizaines d’euros suffisent pour commencer. Lorsque le premier objectif de sécurité est atteint, il est alors possible de faire des virements permanents de quelques dizaines d’euros par mois. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un investissement à long terme car le but est d’attendre 8 ans minimum avant de faire ses premiers rachats. Rien n’interdit d’ouvrir plusieurs contrats d’assurance vie dans plusieurs banques différentes. Pour la gestion de son assurance vie, il faut prendre soin tous les ans de vérifier les performances des produits choisis et dans les cas opportuns d’effectuer des arbitrages. Et pour le choix des fonds en euros ou des UC, n’oubliez pas que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Concernant la nouvelle fiscalité, la flat tax n’est applicable que si vous avez plus de 150 000€ d’encours placés dans une assurance vie.

Les PEA/PEA PME ou l’épargne à moyen terme

Les PEA sont des Plans d’Épargne Action et le PEA PME se concentrent sur les Petites et Moyennes Entreprises. La seule différence va être la taille des entreprises dans lesquelles vous allez investir. Ces 2 produits financiers sont des investissements à moyen terme, soit environ 5 ans. Il est possible d’y mettre une grande variété de supports (actions, OPCVM, trackers…). Comme pour l’assurance vie, les retraits sont donc avantageux après un certain délai, ici entre 5 ans et 8 ans et c’est la date d’ouverture du PEA qui rentre en compte pour les avantages. Même conseil que pour l’assurance vie, ouvrir un PEA le plus tôt possible pour prendre date.

Focus sur les OPCVM qui sont des organismes de placements collectifs en valeurs mobilières : il s’agit d’un fond qui investit dans plusieurs produits financiers (actions, obligations, monnaie, matière première), plusieurs secteurs, plusieurs zones géographiques, ce qui permet donc une diversification. Les banques en ligne proposent des OPCVM avec 0% de frais d’entrée et la composition des produits peut être connue facilement. Pourquoi ne pas prendre 3 OPCVM qui investissent en Europe, en Amérique et en Asie pour débuter ?

De même que pour l’assurance vie, demander le code ISIN des OPCVM afin de faire des vérifications sur le produit choisi.

Crowdfunding

Méconnu il y a quelques années, le crowdfunding commence à se faire une place dans les choix d’investissement (234M€ en 2016, +40% par rapport à 2015). Il existe en France 76 plateformes d’après Financement Participatif France. Prêts, obligations, investissement en capital sont autant de solutions proposées par ces plateformes. Accessibles dès 100€ sur certaines plateformes ou 1000€ pour d’autres. Le 1er conseil est de bien vérifier que la plateforme est immatriculée auprès de l’Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires en Assurance, Banque et Finance. Comme pour les assurances vie, il faut être attentif aux frais d’entrée et/ou de sortie. Ensuite le choix d’une entreprise se fait selon votre propre opinion ou vos convictions. Est-ce que je crois en ce projet, en cette entreprise ? Est-ce que le produit vendu ou le service rendu me plait ? S’agit-il d’un secteur porteur ? Il y a de nombreuses questions que l’on peut se poser afin de faire le bon choix. Comme tout investissement, il est difficile d’évaluer la rentabilité future. Le risque est donc assez élevé car vous pouvez tout perdre mais vous pouvez aussi multiplier votre investissement par 2, 5 ou 20. Comme répété, tout au long de l’article, il faut diversifier ses investissements. Il vaut mieux opter pour plusieurs entreprises avec des petites mises que de choisir une seule et unique entreprise. Pour finir sur cet investissement, vérifier son impact fiscal. Il est possible de loger ses titres dans un plan d’épargne en actions (PEA) que nous venons de voir.

Appartement

Investir dans la pierre est l’un des investissements préférés des Français. Il apporte ce sentiment de sécurité car on est chez soi. Avec la conjoncture des taux immobiliers à la baisse depuis de nombreux mois, il est tentant d’acquérir son propre logement. Soyons clair, acheter pour soi-même n’est clairement pas une bonne stratégie à 25 ans pour plusieurs raisons. Acheter sa résidence principale ne doit pas être un investissement financier mais un projet de vie.

La première raison est que cet investissement n’est pas flexible du tout. L’achat de sa résidence principale implique un emprunt important. Quel sera votre avenir dans 1 an, 2 ans, 5 ans ? Notre génération Y n’est plus dans l’optique de garder à vie son travail dans la seule et même entreprise, au même endroit. Nous sommes beaucoup plus flexibles. Acquérir sa résidence principale peut bloquer votre capacité d’investissement pour de nombreuses années et vous bloquer dans vos choix de carrière et vos prochains investissements.

La deuxième raison est que si vous achetez un logement pour vous, c’est vous qui allez payer cet appartement à 100% ! Alors que si vous achetez dans un but dit “locatif”, c’est votre locataire qui va payer une grosse partie de votre prêt et vous pourrez bénéficier de nombreux avantages.

En effet, lors d’un investissement “locatif”, il est possible de devenir propriétaire sans apport initial (hors frais de notaire), on parle d’investissement via la dette, et de profiter de régimes de défiscalisation. Le plus connu est la loi Pinel, qui a été reconduite jusqu’en 2021, sur de l’immobilier neuf, mais attention les prix sont élevés. Cet investissement ouvre le droit à des réductions d’impôts allant de 12 % à 21% sur le montant du bien en fonction de la durée de location du bien. Cependant, il faudra être sélectif dans votre achat et bien vérifier les calculs d’investissement avec son banquier car les prix des biens neufs grimpent d’années en années.

Il est aussi possible de faire un investissement locatif avec de l’immobilier ancien. Les biens anciens sont souvent plus abordables que les logements neufs, les travaux de rénovations peuvent être déduits des revenus fonciers et il n’y pas de contrainte sur le long terme. Que cela soit de l’ancien ou du neuf, le projet de la Métropole du Grand Paris combiné à l’attractivité de Paris en 2024 via les Jeux Olympiques peut être une bonne opportunité, avec des retours positifs dans quelques années. Quel que soit le type d’achat immobilier, il faut se déplacer pour visiter et ne retenir que des logements dont la qualité et l’emplacement vous assureront une bonne demande locative.

SCPI

Il est possible de faire de l’investissement immobilier sans détenir de bien physique. Ce type d’investissement s’appelle un “pierre-papier”. Un de ces produits financiers est la SCPI (Société Civiles de Placement Immobilier). Le but consiste à déléguer la gestion à une société qui s’occupe de collecter, trouver les biens, gérer le parc immobilier et redistribuer les loyers. Le but de cet investissement est de toucher des dividendes (loyers ou plus-values de reventes) sans se soucier de la gestion locative. Les SCPI peuvent proposer des rendements plus intéressants que l’immobilier direct. Il est possible d’investir via son épargne personnelle ou avec un prêt bancaire classique. Les tickets d’entrée sont assez accessibles (quelques centaines d’euros), le produit est simple mais les frais peuvent être élevés. Le conseil ici est la diversité (tiens donc), en choisissant des SCPI investissant dans des actifs différents comme les bureaux, les commerces, les hôtels ou à l’international. Le taux d’occupation et le rendement de la SCPI donneront des indications sur la santé d’une SCPI.

Parkings

Pour ceux qui veulent investir des sommes moins importantes mais détenir un bien en physique, la solution des parkings peut être une option. Les tickets d’investissement sont variables : élevés à Paris (30 000€ en moyenne), moins dans les autres grandes villes (20 000€ en moyenne). Le grand intérêt des parkings est le rendement entre le prix payé et le loyer perçu, qui bien plus avantageux qu’un appartement. L’emplacement va être le facteur déterminant du prix quelle que soit la ville, puis vient le type de parking. Cet investissement a l’avantage d’avoir de faibles charges d’entretien. Ne pas oublier que les parkings sont soumis à la taxe foncière mais elle sera moins élevée qu’un appartement ou une maison.

L’Or

L’Or existe depuis la nuit des temps, et a toujours été un placement privilégié. Il permet de se protéger d’une crise sur les marchés, de l’inflation et de la déflation. L’or est une valeur refuge. Il est possible d’investir dans l’or directement en achetant des lingots, barres, plaquettes et pièces ou via la bourse en achetant le cours de l’or (l’or papier). Il est toujours conseillé d’avoir un peu d’or dans son portefeuille d’investissement.

Vous l’aurez compris, il n’y a pas d’investissement idéal pour faire fructifier son épargne à 25 ans mais une multitude de possibilité. Il faudra faire des choix, car il sera impossible d’investir sur tous les types de supports en même temps. Il faut prendre le temps de choisir la solution la plus adaptée à ses revenus, et de choisir sa stratégie. Le fait d’aller voir son banquier peut être utile pour définir son profil de risque.

Conclusion

Vous avez ici une bonne liste pour faire vos premiers choix, chacun apportant son lot d’avantages (retour sur investissement, loyers/intérêts, avantages fiscaux) et d’inconvénients (fiscalités différentes, parfois non flexible). Certains investissements dépendent aussi de votre pouvoir d’épargne. Comme tout investissement, le facteur risque /coûts est différents en fonction des supports. Enfin, il est important de se renseigner par soi-même avant de passer à l’action. Et pour la suite, on en reparle dans 5 ans…

Par Aurélien BOURDELON, Consultant du Cabinet Vertuo Conseil

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