Assurance vie – Quelle évolution pour le support préféré des français ? 2018-05-30T06:34:30+00:00

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Cette semaine, Vertuo Conseil donne la parole à Serge Werlé, responsable de l’ingénierie financière chez Cardif*, pour nous éclairer sur les tendances de marchés autour de l’assurance-vie.

Q : Pourriez vous nous présenter votre parcours ?

SW : Après des études d’ingénieur à l’école des Mines de Saint-Etienne en 2008, j’ai complété mon parcours avec une formation d’actuariat à l’ISFA de Lyon. Mon titre d’actuaire en poche, j’ai été embauché dans la salle des marchés de BNP Paribas Cardif. La salle des marchés de Cardif gère les actifs de la compagnie. J’ai commencé par travailler quelques années dans le domaine des mathématiques financières, avec une application directe au business de Cardif. J’ai ensuite pris la responsabilité de l’équipe en 2010, puis d’une équipe élargie en 2015. J’ai aujourd’hui 5 collaborateurs sous ma responsabilité avec des expertises à la fois techniques (analystes quantitatifs) et produits financiers (ingénieurs produits).

Q : Pourquoi l’assurance vie demeure le support de placement privilégié aujourd’hui ? D’où provient cet engouement ?

SW : L’assurance-vie est le placement préféré des français et ce pour une raison simple : l’épargne accumulée bénéficie d’une fiscalité avantageuse, en cours de vie, comme en cas de transmission (héritage). Les contrats d’assurance-vie proposés par BNP Paribas Cardif intègrent trois grands types de produits, sur lesquels l’assuré peut investir. Le premier d’entre eux, historique, est l’actif général (ou fonds en euros) qui est géré en interne par l’assureur. Ce support d’investissement bénéficie d’une garantie en capital à tout moment, en somme le capital augmente continûment, mais à un rythme plutôt faible. Le fonds en euros est très prisé de nos assurés pour la sécurité qu’il procure (en 2017, le rendement moyen était de 1,80% selon la FFSA). La deuxième catégorie de produits sont les Unités de compte (UC), des produits plus risqués qui sont eux gérés par des sociétés de gestion externes. L’assuré a alors le choix dans une palette élargie de produits financiers plus ou moins risqués. Sur ces produits, il n’y a aucune garantie de préservation du capital, mais un potentiel de rendement plus important.

Enfin, récemment est apparue une troisième catégorie de produits : les fonds eurocroissance (affichant un rendement moyen de 3,4% pour l’année 2017 selon la FFSA), gérés par l’assureur, et qui offrent une garantie non plus à tout moment comme le fonds en euros, mais à un terme choisi par l’assuré (entre 8 et 40 ans).

Q : La planète finance a été secouée ces 10 dernières années, le monde de l’assurance vie a-t-il connu une transition post crise 2007 ?

SW : Le secteur de l’assurance-vie a connu les répercussions des crises de 2007 et 2011. Les crises sur les marchés ont poussé les banques centrales (les « banques des banques ») à réduire considérablement le niveau des taux d’intérêts. La conséquence directe a été, pour les états et les entreprises, un abaissement du coût de leurs emprunts financiers qui leur a été salutaire. Mais de l’autre côté, côté prêteur (créancier), il devenait moins rentable de prêter à ces états ou entreprises. Or, les supports financiers des contrats d’assurance-vie (fonds en euros, unités de compte, eurocroissance) sont justement dans cette position de prêteur. Concrètement, la baisse des taux quasi-continue que nous connaissons depuis la crise a contribué à réduire le rendement de ces produits, et le fonds en euros en premier lieu. Le fonds en euros est en effet le produit le plus majoritairement investi dans ces titres de créance.

Q : Beaucoup de changements s’opèrent, mais comment la place perçoit elle la réforme sur la fiscalité des assurances vie dans un environnement de taux très faible ?

SW : Les contrats d’assurance-vie français ont toujours bénéficié d’une fiscalité avantageuse. Il faut reconnaitre que la récente réforme de la fiscalité (PFU ou flat tax) érode un peu cet avantage mais c’est toujours le cas. Et si nous prenons du recul sur la situation, l’assurance-vie est un produit simple, connu de tous les français, dont les sommes placées sont récupérables rapidement (ce n’est pas le cas de la pierre) et qui est aujourd’hui le seul moyen d’accès au fonds en euros de l’assureur, très prisé pour ses performances encore bonnes.

Enfin, il faut rappeler que les assureurs sont les premiers créanciers de l’état français (à travers le fonds en euros notamment), ce qui, dans une certaine mesure, place les assureurs dans une situation favorable dans les discussions avec le Trésor.

Q : Avant de nous quitter, auriez vous un petit conseil pour maximiser le rendement net de notre contrat ?

SW : Je dois dire que c’est bien votre banquier qui est le plus à même de répondre et pour une raison simple : il n’y a pas de réponse globale. Tout dépend de la situation de chacun, de votre situation familiale, de vos projets futurs, de votre capacité à la prise de risque, de votre connaissance des produits financiers,… Il y a tellement de paramètres ! Mais il subsiste bien des conseils de base applicables à tous, notamment celui d’une allocation diversifiée entre les supports sans risque (fonds en euros) et risqués (fonds eurocroissance, unités de compte) combinée avec un investissement *régulier* : investissez tous les mois de petites sommes plutôt qu’une grosse somme d’un coup.

Enfin, n’oubliez pas que potentiel de rendement et risque sont intimement liés, pas de miracle. Un produit sûr sera peu rentable et inversement. Cela signifie aussi, surtout dans cette période de taux d’intérêts bas, que l’excès de prudence n’est pas souhaitable.

*Cette interview a été réalisée à titre personnel, et n’engage aucunement la société Cardif.


Retrouvez cette interview, menée par François COLOMBO, consultant Vertuo Conseil, dans le VAMMOscope #2, la Newsletter VAMMO.

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