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Economie Matin – 23 mai 2019

Après un mois de décembre très difficile sur les marchés, le début d’année 2019 a pris tout le monde à contrepied. Mais cette euphorie pourrait être de courte durée au vu de plusieurs événements prévus dans le calendrier. Le premier politique, avec l’arrivée de plusieurs échéances dont les législatives européennes, municipales en Allemagne et régionales en Italie. Le second économique, avec un risque de baisse de la croissance au niveau mondial.

Une montée des populismes et des mouvements nationalistes en Europe

En mai 2019 les élections européennes ont présenté un risque politique important. On assiste à travers l’Europe à une montée des populismes ainsi que des mouvements nationalistes : en Bavière où la CSU, alliée d’Angela Merkel, a essuyé un revers historique dans une élection régionale, en Italie le gouvernement actuel est composé d’une alliance improbable entre extrême gauche et extrême droite, en Hongrie avec la réélection de Viktor Orbán proche du Parti Populaire Européen, en France ou les sondages indiquent que le Rassemblement National, parti de Marine Le Pen, obtiendrait près de 24% des voix au premier tour du scrutin, contre 18% pour la majorité présidentielle.

En même temps l’Union Européenne négocie avec le Royaume-Uni les termes du Brexit qui est sans cesse renégocié, la date initiale étant le 29 mars 2019. Un « hard brexit » serait vécu comme une sanction par tous les pays de l’Europe, au contraire un « soft Brexit » pourrait donner des arguments aux anti-Européens et la possibilité d’un « no deal » fait figure de deal perdant/perdant.

Ces 2 échéances étant très proches les gouvernements européens ont peur d’un effet de corrélation entre ces événements. Les électeurs pourraient y voir un moyen de sanctionner l’Europe au sens large.

Dans cette période d’instabilité politique européenne il ne faut pas oublier les problèmes économiques mondiaux.

Espoir d’accord commercial sino-américain, mais croissances en berne

L’espoir de trouver un accord commercial entre USA et Chine a apaisé les tensions sur les marchés au début de l’année tout en mettant au premier plan les difficultés de croissance des deux pays. D’après un sondage Bank of America le risque chinois serait la première inquiétude des gérants de fonds. L’économie chinoise affiche son taux de croissance le plus faible depuis 10 ans ce qui a incité le gouvernement a lancé un second plan de relance plus axé sur la dépense et les baisses d’impôts. De l’autre côté du Pacifique le plan initial de la FED de continuer à remonter ses taux en 2019 ou « overshooting » a totalement affolé les marchés en décembre. Elle tient désormais un discours beaucoup plus réservé et a récemment annoncé un report de son programme de remonté des taux. C’est le volte-face de la FED le plus rapide que nous ayons pu voir. A la vue des indicateurs économiques et de la faible inflation, les banques centrales européennes et américaines préfèrent maintenant maintenir des taux bas plus longtemps pour ne pas fragiliser la croissance mondiale.

Après plusieurs années de politiques monétaires accommodantes, l’économie mondiale n’est toujours pas assez solide pour revenir à une politique mondiale plus normalisée et le prolongement des taux négatifs en Europe posera un problème de business model des banques Françaises et Allemandes. Le retour à une croissance plus forte passe obligatoirement par une stabilisation politique. En ce sens la conclusion du BREXIT et des accords commerciaux Chine-USA sont une condition préalable pour une remontée des taux de la BCE ou la FED.

Par Gabriel ANDRAUD, Consultant du cabinet Vertuo Conseil, membre du groupe SQUARE

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