La Crypto-Monnaie un nouveau levier incontournable du marketing ? 2019-01-30T19:54:47+00:00

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Marketing News – 23 janvier 2019 :

Au cours de la dernière décennie les crypto-monnaies se sont petit à petit frayées leurs chemins dans nos économies et dans l’opinion publique. Cet essor, relativement nouveau, attise l’intérêt des petits épargnants et des boursicoteurs. Les régulateurs continuent leurs réflexions sur les limites à donner et leurs contrôles, tandis que les marketeurs s’emparent de la manne des crypto-monnaies.

D’un début geek vers une popularisation

Créée dans le sillon de la crise financière de 2008, en réaction aux manques de transparence et de régulation des états, la première crypto-monnaie bitcoin a commencé par être utilisée par des initiés des réseaux. Ces développeurs, méfiants des institutions financières, ont alors préféré baser leurs échanges en dehors des places financières établies, sur le principe de la cryptographie et en s’appuyant sur la technologie Blockchain. Décentralisation, minage, token sont les mots clés de ces nouvelles monnaies. L’utilisation nécessitant une forte connaissance du fonctionnement nouveau des blockchains, seuls quelques érudits très pointus, les innovateurs, ont acheté du bitcoin à ses débuts. S’en est suivi un emballement médiatique faisant état d’anomalies et autres piratages qui n’ont pas conduit à rassurer les non-initiés. Certains alertaient même sur un potentiel krach lorsque la confiance s’essoufflera comme celui de la crise de la tulipe au XVIIème siècle !

En même temps, au fur et à mesure des années, l’arrivée sur le marché de quelques 1600 différentes crypto-monnaies a renversé ce buzz négatif. La propagation de toutes sortes de crypto-monnaies, qu’elles soient universelles comme le bitcoin ou indexées sur des produits existants (or, stock de pétrole, production de zirconium synthétique …) a attiré le regard des particuliers. Les enthousiastes se sont pris au jeu et ces early-adopters, ont acheté et minés du bitcoin, de l’éthéreum, du dash… puis les suiveurs pragmatiques. Les crypto-monnaies commençaient ainsi à devenir monnaie courante dans la société !

Par la force des choses et face à cette ferveur, les banques centrales et autres régulateurs ont revu leur jugement initial ; il ne s’agit plus d’une nouveauté technologique en marge mais d’un probable bouleversement économique. Les réactions divergent, beaucoup tâtonnent sur le comportement à adopter : créer sa propre crypto-monnaie ou mener des actions pour les interdire ? Certains états refusent l’intrusion des crypto-monnaies dans leurs économies en fermant des plateformes à l’instar de la Chine, d’autres, pensent à créer leur propre crypto monnaie comme l’Iran et certaines l’ont déjà créée comme le Venezuela pour ne plus dépendre d’autres devises internationales. Pendant que la planète institutionnelle s’interroge sur les positions à prendre pour encadrer l’engouement des crypto-monnaies, les marques, elles, avancent…

La crypto-monnaie, un usage marketing, l’exemple du foot

Pourquoi pas adosser une marque à une crypto-monnaie ? La récupération d’investisseurs est chose aisée si la marque est connue ou permettrait au contraire de la développer. Quels avantages en tirer ? La vente de tokens permettrait aux dirigeants d’accroitre et gérer la valeur de la marque. En contrepartie, les acheteurs parieurs auront le sentiment de faire des bénéfices à la revente sur une marque connue ou pour une marque en devenir. Dans ce cadre, la création de crypto-monnaie renverrait une image de marque actuelle, technophile et démontrerait sa capacité à innover. Choisir d’« Etre dans le coup » attirerait des clients supplémentaires sans pour autant effrayer les moins avant-gardistes.

Surfer sur la vague du potentiel des nouvelles façons d’échanger des biens et services, est déjà le parti pris du Paris Saint Germain Football Club et de la Juventus de Turin qui lanceront leur propre crypto-monnaie en 2019. Le foot se positionne !

Ronaldinho, sacré Ballon d’or en 2005 et ancien joueur du PSG, joue quant à lui sur son nom, marque à part entière, pour lancer sa crypto-monnaie. Sa célébrité valorisée en crypto-monnaie servirait à construire des stades dans le monde.

Pour le PSG, la stratégie commerciale est claire : charmer par un prix de jeton à 1€ en encourageant les achats de volumes élevés. Il prévoit en effet de faire bénéficier d’usages exclusifs pour les plus grands investisseurs en leur permettant d’être acteurs de certaines décisions comme s’ils étaient actionnaires du groupe. Il existe plus de 200 millions de supporters, autant de potentiels investisseurs, le PSG a de fortes chances de voir sa crypto-monnaie s’envoler ! Pour la Juve, par ailleurs cotée en bourse, l’objectif est aussi de proposer aux supporters de contribuer à la vie du club des supporters : plus le fan a des jetons, plus il pourra voter pour les questions liées à la gestion du club. Ce système de récompenses s’inscrit dans une démarche de fidélisation des fans. Des sociétés telles que la Havas Sport & Entertainment, proposent d’ors et déjà des solutions s’appuyant sur la technologie Blockchain pour monétiser les communautés des supporters.

Ces stratégies marketing s’inscrivent dans une démarche de développement de notoriété pour la marque mais aussi de récupération de données des fans, qui permettent in fine de mieux connaitre sa clientèle et d’affiner leurs campagnes marketing. Faire croire aux boursicoteurs qu’ils ont une marge de manœuvre sur les marques tout en récupérant de la valeur, de la trésorerie pour la marque et des données clients, la stratégie marketing est parfaite !

A propos

Le monde sportif s’empare des crypto-monnaies pour conquérir de nouveaux supporters et maintenir leur image dynamique. Les autres secteurs restent en recul pour le moment. Peut-être attendent-ils les résultats des lancements des crypto-monnaies footballistiques de 2019. Une fois les précurseurs du secteur sportif passés, nous imaginons que d’autres marques iconiques et d’autres secteurs suivront le mouvement Pourquoi pas les marques des sport urbaines et le secteur du luxe ?

Par Florence LAUTHIER, Consultante Senior du cabinet Vertuo Conseil

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