Project Description

95% des français ont déjà consommé de façon collaborative. Cette tendance pourtant pas nouvelle et très critiquée dans les années 90 avec les Systèmes d’Echange Local (SEL), s’annonce aujourd’hui comme un marché d’avenir. Elle permet de donner un sens à la consommation en créant un lien social. Depuis 2007, nous assistons à l’essor de cette économie, qui couvre à la fois, des plateformes d’échanges de biens et de services entre particuliers sans recherche de profit ; et des plateformes d’offres commerciales. Une seconde tendance, émergée en 2013, introduit de nouveaux modes de création d’entreprise et de financement collaboratifs, et confirme définitivement l’évolution de notre modèle socio-économique. La concurrence aux activités traditionnelles est lancée ! Comment les assurances s’inscrivent-elles sur ce marché ? Quelles sont les limites de cette innovation et les impacts sur les produits d’assurance traditionnels ?

Des assurances qui s’insèrent dans un marché porteur

Nos nouvelles habitudes de vie plébiscitent aujourd’hui l’économie du partage, sans intermédiaires et aux coûts les plus justes. Allovoisins, Deliveroo, Airbnb… D’abord construits sur la base d’associations d’individus, ces échanges font l’objet d’interconnexions numériques par l’intermédiaire de plateformes sur le web. En mettant à disposition ces plateformes, les start-ups spécialisées exploitent ce mode de consommation et permettent à des particuliers de partager des biens ou des services, avec ou sans contrepartie financière. Cette économie, qui organise la mise en relation entre l’offre et la demande, repose sur un système de confiance des communautés. Cependant, dans le cas d’un accident de covoiturage, quelle assurance intervient ? Celle du propriétaire de la voiture, celle du locataire ou conducteur qui n’est pas le propriétaire du véhicule, ou bien celle de l’entreprise de mise en relation du service ? Ces nouvelles pratiques de consommation collaborative modifient les risques traditionnels couverts par les assurances qui doivent adapter leurs garanties. En proposant une couverture adaptée à ces derniers, pour une durée déterminée, ce nouveau type d’assurance permet de créer un lien de confiance entre deux particuliers. Allianz est devenu l’assureur de Drivy, la MAIF de Koolicar. Les assureurs montrent ainsi leur volonté d’accompagner les start-ups se positionnant sur le marché de l’économie collaborative.

Des assurances qui se démarquent avec leurs produits collaboratifs

En s’appuyant sur l’effet de crise, et en contrant un sentiment de baisse du pouvoir d’achat, les assurances usent de cette dimension économique pour proposer des nouveaux produits collaboratifs. Un nouveau modèle qui peut être vu comme une menace pour les secteurs de l’économie traditionnelle des services : schéma de consommation modifié, désintermédiation. Le consommateur devient acteur dans le processus en participant à l’élaboration du produit. Représentée en France avec Wecover pour l’automobile, Otherwise dans le domaine de la santé, ou des micro-mutuelles de communautés ; l’assurance collaborative, permet de développer la solidarité par la mutualisation des risques. C’est une approche communautaire de la protection. L’idée étant de réunir des profils qui partagent des besoins mais aussi des valeurs et donc des comportements similaires. Associée à Suravenir, Wecover propose un remboursement d’une partie des frais aux meilleurs conducteurs. En cas d’absence de sinistre, les souscripteurs peuvent récupérer une partie de leur cotisation initiale sous forme d’un bonus collaboratif, ou redistribuer la prime d’assurance à des personnes exclues, ou en limitant les facteurs à impact social ou environnemental. Cette économie est une économie en 3D : économique, sociale et environnementale.

En France, sa progression restait jusque-là limitée. La plupart des solutions visant davantage les personnes mal couvertes ou les risques très spécifiques. A présent, cette nouvelle économie est une opportunité pour les assurances qui mettent leur expertise technique au service de l’innovation avec le développement de nouvelles compétences digitales et le repositionnement de la stratégie et de la communication. Le terme générique d’assurance « P2P », selon le modèle anglais Peer to Peer, se développe. Ce type de système d’assurance collaborative permet de réduire les intermédiaires entre les acteurs finaux tout en conservant une présence minimale d’assureurs traditionnels. Avec une croissance sur le marché international de plus de 35% par an, la consommation collaborative devrait représenter en 2025 un marché de 330 Mds€. Nous assistons à l’explosion de cette pratique dans tous les secteurs. Largement plébiscitée par la génération Y (25-34 ans), elle ne demeure ainsi pas un simple effet de mode. L’assurance collaborative est un produit d’avenir.

Par Emeline SEVAL, Project Manager et Vanessa HIVART, Consultante Senior du Cabinet Vertuo Conseil, membre du groupe SQUARE

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